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Voirie et mobilités à Juvignac : des projets ambitieux, une gestion déplorable

17 mai 202511 juillet 2025

Alors que les chantiers se multiplient, les Juvignacois·es s’interrogent sur la cohérence des aménagements, la gestion des budgets et l’absence de solutions concrètes pour les sorties de ville.

1. Des projets d’infrastructures en trompe-l’œil

Le réaménagement de la route de Lodève, présenté comme un « chaînon manquant », illustre les contradictions municipales. Si la piste cyclable bidirectionnelle de 300 mètres (budget : 819 000 €) répond à un besoin, elle reste isolée, sans connexion claire avec les autres axes cyclables existants. Les riverains soulignent un « saupoudrage » d’aménagements coûteux, jugés peu adaptés aux flux quotidiens. Pire : le stationnement anarchique persiste aux abords du tramway, malgré une étude de 2019 préconisant un zonage strict et des parkings régulés. Pendant ce temps, de nombreux quartiers historiques voient leur voirie se dégrader à la limite du praticable tandis qu’on reprend l’avenue de Fontcaude pour la deuxième fois en 5 ans. Il faut mettre les priorités en ordre !  

2. Budgets opaques, priorités floues

La Métropole injecte 458 millions d’euros dans les mobilités douces, mais Juvignac semble subir ces choix plus que les anticiper ou les accompagner. Aucune transparence sur la répartition locale de ces fonds, alors que des projets phares de cette municipalité comme le 30 km/h généralisé restent sans impact concret sur la circulation. Dans le même temps, des contentieux coûteux éclaboussent la commune, comme l’affaire du relais de téléphonie mobile (jugement en appel d’avril 2025 : 97 600 € de condamnation), révélant une gestion administrative hasardeuse.

3. Sorties de ville : le casse-tête permanent

Qualité de l’air, bruit, embouteillages… Juvignac subit la pollution du trafic de transit que génère la métropole. Les axes stratégiques comme la N109 ou l’A750 génèrent des bouchons récurrents, aggravés par des chantiers mal coordonnés. Les travaux de la route de Lodève, censés fluidifier le trafic, ont négligé les alternatives de stationnement temporaire. Un problème récurrent, alors que la Métropole prévoit 162 millions pour les mobilités routières… sans que la municipalité n’ait clarifié leur utilisation locale.

4. Mobilités douces oui, mais de manière cohérente et efficace!

Le vélo cargo, pourtant plébiscité par ses usagers, peine à se généraliser, faute de stationnements sécurisés. Quant aux trottoirs élargis, ils butent sur l’absence de continuité piétonne en périphérie, reléguant certains quartiers au « tout-voiture ». L’absence de continuité piétonne et cycle couplée à la rareté des stationnements sécurisés illustre cette fragmentation des priorités municipales. Les habitants des lotissements éloignés déplorent quant à eux un service de transports en commun toujours inadapté aux trajets du quotidien. 

5. Concertations en berne, mécontentement en hausse

Les projets bulldozer (la route de Lodève, le parc Saint Hubert, les deux rénovations de l’avenue de Fontcaude, la place des Lavandes) sont faits sans véritable écoute du terrain : « on vous entend » mais personne n’écoute. Les riverains dénoncent tous des chantiers imposés sans préavis, comme des fermetures de rues sans signalétique alternative. Ces passages en force sans justification donnent les résultats que l’on connait : des infrastructures inadaptées, coûteuses et sans cohérence d’ensemble. 

Les chantiers à Juvignac ne doivent pas se résumer à une accumulation de projets mal pensés et mal expliqués. Nous avons besoin d’une véritable politique de mobilité inclusive, qui ne laisse personne sur le bord de la route :

  • Des infrastructures cyclables et piétonnes continues, pensées comme un réseau et non comme des tronçons isolés, pour que chaque habitant·e, des quartiers centraux aux lotissements périphériques, puisse se déplacer en sécurité.
  • Une gestion transparente et rigoureuse des budgets, où chaque euro dépensé sert réellement l’intérêt général plutôt que des effets d’annonce de la mairie.
  • Un plan ambitieux contre la pollution et les nuisances, avec des solutions concrètes pour les sorties de ville et une vraie alternative pour ceux qui le veulent à la voiture individuelle (transports en commun fréquents, parking covoiturage, zones apaisées).
  • Une démocratie locale vivante, où les habitant·es sont consulté·es en amont des projets, pas seulement une fois les pelleteuses en marche.

Juvignac mérite mieux que des chantiers incohérents qui tombent du ciel après des consultations pour la forme. Osons une ville où écologie rime avec justice sociale et n’est pas ressentie comme « punitive », où les mobilités douces sont accessibles à toutes et tous et où l’argent public sert enfin l’avenir de notre commune.

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