Toilettes publiques à Juvignac : symbole d’un manque de vision et de respect des habitants
À Juvignac, il faut manifestement beaucoup de courage pour vouloir simplement… aller aux toilettes. Derrière ce constat en apparence anecdotique, c’est une réalité beaucoup plus préoccupante qui se cache : un manque criant d’anticipation, de bon sens et de considération pour les habitants.
Place des Constellations
Des toilettes installées en plein milieu de la place, à la vue de tous, sans la moindre discrétion. Les personnes à mobilité réduite y accèdent difficilement, faute d’un aménagement adapté. On comprend mal comment un tel emplacement a pu être validé, alors que ces sanitaires sont censés répondre à un besoin de proximité et d’intimité, notamment pour les familles. Traverser la rue avec une poussette pour accompagner un enfant pressé, est-ce vraiment ça, une ville pensée pour tous ?


Place Saint-Michel
Ici, c’est le contraste entre le coût et l’usage qui choque. Plus de 35 000 euros hors taxes (sans compter l’installation !) pour un seul équipement — certes propre et esthétique —, mais situé à distance des espaces fréquentés par les familles. Encore une fois, on privilégie l’apparence et la dépense à la réflexion et à la cohérence d’usage. À quoi bon une « Rolls des toilettes » si elle ne sert qu’à quelques initiés ?

Les Thermes
Aux Thermes, c’est l’absurdité qui domine. Les marches en aluminium rendent le tout inaccessible aux personnes à mobilité réduite, mais aussi dangereux pour les plus jeunes et les seniors. On retrouve ici une constante : l’oubli des publics les plus fragiles, ceux pour qui le service public devrait justement être pensé en priorité.

Parc Saint-Hubert
Et puis il y a le scandale du Parc Saint-Hubert. Des toilettes publiques dans un état d’abandon total : insalubres, inutilisables, sans eau ni entretien. L’odeur guide les promeneurs avant même qu’ils ne les aperçoivent. À quelques mètres d’un lieu très fréquenté par les familles, les sportifs et les adolescents, c’est une véritable honte pour la commune. Ce n’est pas seulement un problème d’hygiène, c’est une question de dignité collective.


Complexe Ludwig Guttman :
Là, pas de poignées au toilettes publiques….
Le symbole d’une gestion déconnectée
Ces exemples ne sont pas des cas isolés : ils traduisent une manière de concevoir la ville où l’image compte plus que le quotidien des habitants. On dépense sans cohérence, on inaugure sans réflexion, et on oublie que les services publics, même les plus simples, sont au cœur de la qualité de vie.
Et pourtant il serait si simple dans ce cas d’utiliser l’argent public pour la satisfaction du plus grand nombre…
Cela commence par prendre en compte les avis de la Commission communale pour l’accessibilité de tous (CCPAT) mais aussi ceux du comité du quartier concerné (encore faut-il avoir une vraie politique en ce sens pour faire perdurer leur existence dans chaque quartier…) et enfin mener une enquête publique auprès des personnes fréquentant régulièrement le lieu (affichage sur place les invitant à donner leur avis en ligne ou à la mairie).
Exiger mieux pour Juvignac
Ce que demandent les habitants, ce n’est pas du luxe : c’est simplement du respect. Des équipements propres, accessibles, pensés pour tous et entretenus. Une politique municipale qui place la vie quotidienne au centre, pas la communication. À Juvignac, il est temps que la gestion de l’espace public redevienne une affaire de bon sens, de dignité et d’égalité.

