Tranquillité et sécurité publiques: notre programme
La sécurité, c’est un thème très large : cela implique la tranquillité publique, mais aussi la sécurité civile, c’est-à-dire la protection contre les risques majeurs (inondations et feux). C’est l’Etat qui a la compétence de la sécurité (protection des biens et des personnes), donc à Juvignac, c’est la gendarmerie. Le maire est en charge de la «tranquillité publique» et d’une partie de la sécurité civile.
En résumé

En détail
1) La tranquillité publique
A Juvignac, il y a trois enjeux majeurs de tranquillité publique : la petite délinquance/les incivilités, les cambriolages, et les violences intrafamiliales. Chacune de ces questions doit être traitée en tant que telle et nécessite des réponses différentes.
a) La petite délinquance et les incivilités
Des familles en difficulté, des jeunes sans accompagnement, des enfants qui déambulent tard le soir faute de lieux adaptés, des actes de délinquance qui ne sont souvent que le miroir d’un désengagement social progressif. Juvignac n’échappe pas à ces constats. Cela existe aux Constellations, mais aussi dans d’autres quartiers de la ville. La précarité même discrète, est bien présente. Et l’absence de structures sociales fortes accentue le sentiment d’abandon et de désordre. Et bien sûr il y a aussi les incivilités quotidiennes : voitures mal garées, voitures ventouses, poubelles renversées ou mal utilisées, déchets qui trainent…
Pour nous, il faut axer la question de la sécurité sur la prévention sociale, l’insertion et la participation citoyenne. Nous proposons donc de:
- Développer une présence éducative et préventive dans les quartiers, pour que les jeunes aient un cadre, une écoute et des perspectives, en créant des postes de médiateurs sociaux et d’ASVP qui tisseront des liens sociaux avec les jeunes et les habitant·es, ainsi que des emplois au sein même de la commune.
- Créer des espaces de rencontre et de dialogue accessibles à tous les habitant·es.
- Mettre en place un lieu convivial, d’accompagnement et d’activités qui devienne un véritable cœur social et citoyen.
- Créer un poste d’Assistante sociale municipale à temps plein
- Soutenir les associations locales qui œuvrent déjà sur le terrain, mais souvent sans moyens suffisants ni coordination.
- Encourager la solidarité entre habitant·es, parce que c’est ensemble que se construit la sécurité et la confiance.
- Intégrer les problématiques de sécurité dans tout projet d’aménagement (voirie pour tout type de mobilité – cf ci-dessous) par le développement systématique d’études d’impact avec comme objectif que tout aménagement doit en premier lieu promouvoir le lien social.
Nous croyons profondément que la cohésion sociale est la première des sécurités. Juvignac n’a pas besoin de plus de peur ou de méfiance, mais de plus de lien, de respect et de solidarité. Nous avons les ressources humaines, les acteurs associatifs, et les volontés pour y parvenir. Ce qu’il manque aujourd’hui, c’est une vision collective, une direction claire, et la volonté politique de faire du social une priorité.
Pour une police municipale de proximité
La police municipale doit être une police de proximité, qui a vu les enfants grandir, et qui connaît la population. Elle a besoin d’effectifs stables pour garder la mémoire et elle doit être mixte. Il faut lui donner les moyens d’être plus efficace, déployée où il faut, avec les bons horaires et les bonnes missions. Elle doit être une présence quotidienne sur le terrain. Elle doit assurer la sécurité à proximité des écoles, être formée pour sensibiliser les jeunes sur le «permis Internet», ou les initier à la conduite dans l’espace public.
La solidarité et l’entraide sont les premiers remparts contre l’insécurité. En cultivant un esprit de partage et de responsabilité collective, chacun contribue à un environnement apaisé où le respect mutuel prime. Plutôt que de stigmatiser, il s’agit de renforcer les liens de confiance entre habitant.es et d’agir ensemble pour protéger la tranquillité et la dignité de tous, en collaboration avec les services publics. Ce vivre-ensemble, fondé sur la justice sociale, est la clé pour bâtir une communauté sûre et inclusive.
b) Les cambriolages
A Juvignac, les cambriolages sont la première cause de délinquance (299 cambriolages et vols en 2024, dont 53 logements, en hausse)*. Ils s’agit de vols d’ordinateurs, de téléphones, bijoux et argent liquide dans les maisons, et de vols de voiture ou de désossage des véhicules pour avoir des pièces détachées sur commande (+70 % en 1 an)*. Les maisons les plus visitées sont celles protégées par les murs (une fois le mur passé, les cambrioleurs sont cachés). Dans les logements collectifs, c’est en passant par les balcons.
Que peut faire la Mairie ? Elle peut faire de la prévention en diffusant des informations aux habitant.es sur ce qu’il faut éviter et organiser des tournées de la Police Municipale, notamment pendant l’été. Toutefois, la protection effective des personnes et des biens relève de la gendarmerie. Une politique efficace de prévention des cambriolages passe forcément par une intervention renforcée et des liens plus étroits avec la gendarmerie.
c) Agir contre les violences intrafamiliales
A Juvignac, c’est la 2e cause de délinquance, juste derrière les cambriolages, mais de peu, et surtout en hausse de 16 % sur un an (49 plaintes contre 42)*. Le nombre de plaintes pour violences sexuelles est aussi en hausse de 40 % sur un an (21 contre 15). Sachant que seules 2 % des victimes portent plainte…. Pour lutter contre ce fléau des violences intrafamiliales, la coordination est essentielle. Il faut aussi des mesures fortes :
- Former l’ensemble des personnels municipaux en contact avec des enfants et signaler dès qu’il y a un doute
- Avoir une personne ressource municipale identifiée
- Mettre en place un dispositif d’accueil et d’hébergement d’urgence pour une prise en charge dès que les violences se produisent
*: https://ville-data.com/delinquance/Juvignac-34-34123#
d) Le rôle du CLSPD
Il existe un CLSPD (comité local pour la sécurité et la prévention de la délinquance) qui regroupe Justice, gendarmerie, préfet, services sociaux, Education Nationale etc…. Il est organisé en différents groupes de travail. Nous voulons l’ouvrir aux commerçant·es, associations, habitant·es et élu·es pour élaborer le diagnostic local de sécurité du CLSPD de Juvignac.
2) La Sécurité routière.
La limitation à 30 km/heure est un objectif louable mais il va falloir beaucoup de prévention, de surveillance et surtout d’aménagements cohérents pour apaiser la ville. Permettre à chacun d’avoir le choix de son mode de transport et améliorer la fluidité et la sécurité des déplacements pour tous et toutes sont des enjeux essentiels.
Vidéosurveillance, l’alpha et l’oméga de la sécurité ?
Garantir la sécurité de toutes et tous, avec sérieux et fermeté, est une responsabilité municipale essentielle. L’équipe actuelle prévoit d’investir plus de 260 000 € pour augmenter sensiblement le nombre de caméras.
La vidéosurveillance est elle une solution efficace ?
En se basant sur les études les plus récentes, comme celle de 2021, publiée à l’initiative du Centre de Recherche de l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale (CREOGN) et menée entre autres par le chercheur Guillaume Gormand, même si cette technologie coûteuse peut contribuer au travail d’investigation, elle n’apporte concrètement des informations utiles à l’investigation que dans une proportion marginale d’enquêtes : 5,87 % des enquêtes ont été élucidées grâce à la vidéosurveillance. Environ une sur 20. Notons néanmoins que la valeur ajoutée du recours aux images de vidéosurveillance est plus importante pour les cambriolages (10,9%) que pour les affaires de violences (5,2%). D’autres études (Sebastian Roché, chercheur au CNRS) ou rapports corroborent ces conclusions (Rapport de la Chambre régionale des Comptes, Rhône-Alpes, 2010, Rapports de la Cour des comptes octobre 2020 et décembre 2021)
« Pourquoi s’opposer à la vidéosurveillance si on a rien à se reprocher ? »
Un principe de justice veut que toute personne soit considérée innocente jusqu’au jour où il est établi qu’elle est coupable. Depuis 1978, la loi affirme que l’informatique doit être au service de chaque citoyen, pas les surveiller.. Elle ne doit pas porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits humains, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles et publiques. La vidéosurveillance de masse inverse la situation : toute personne filmée devra prouver qu’elle n’est pas en cause. Tout le monde devient fautif ou suspect potentiel et sous couvert du bien-être sécuritaire, les libertés reculent.
De plus, au fil des ans, le nombre de caméras de vidéosurveillance a augmenté en France proportionnellement à la baisse des effectifs de police de proximité. Or, c’est bien de présence humaine dont nous avons besoin…
Que proposons-nous?
Lorsqu’une technologie existe et se développe, il n’est pas forcément indispensable, nécessaire et souhaitable de l’utiliser. Notre équipe à l’ambition de réaliser un audit précis sur l’efficacité réelle de chaque dispositif : l’installation de chaque caméra doit prouver son utilité à votre service !
Nous investirons ces économies pragmatiquement dans ce qui donne les meilleurs résultats : une présence accrue de nos agents municipaux sur le terrain pour renforcer la médiation et la confiance entre habitant·es et agents publics.
3) La Sécurité civile
A Juvignac, la proximité de l’autoroute rend possible un accident avec un camion transportant des produits dangereux. Il existe également les risques inondation (cf crue de la Mosson les 29-30/09 et 6-7/10 2014) et incendie, qui augmente avec les canicules de plus en plus fréquentes. C’est donc une question à prendre très au sérieux et nous avons des propositions pour améliorer la sécurité de nos concitoyen·nes, en les associant au maximum :
- Créer une Réserve communale, une réserve de citoyen·nes volontaires et bénévoles, sous l’autorité du Maire, puis sous l’autorité du chef de la gendarmerie, pour les recherches et les problèmes de sécurité civile et pour aider et encadrer les sinistré·es.
- Elaborer et diffuser un vrai Plan communal de sauvegarde (PCDS), qui doit être un document très détaillé et téléchargeable. A Juvignac, c’est une page vide sur le site de la Mairie… Pourtant, c’est obligatoire pour les communes avec risque inondation et risque incendie. C’est bien d’être abonné à « My Predict » filiale de Météo France, c’est bien aussi d’avoir un système de téléalerte. Mais il faut que le maximum de gens y soient abonnés, et ça ne suffit pas. Outre le PCDS accessible à tous, il faudrait également former tous les personnels municipaux sur ces questions.
- Créer et former un Comité communal contre les feux de forêt (CCFF): Le but est de prévenir les incendies. Il s’agit d’une réunion par an avec des citoyen·nes qui repèrent les risques. La Police municipale se répartit ensuite les secteurs et y passe chaque année pour faire respecter l’obligation légale de débroussaillement pour les maisons en bordure d’espace naturel. Les services techniques ne peuvent pas intervenir dans un espace privé, mais on peut aider, avec des associations ou des bénévoles.
- – Former la réserve communale, le CCFF, tous les agents municipaux volontaires et l’ensemble des élu.es sur les premiers secours (PSC), avec obligation de révision tous les trois ans.
Ensemble, construisons une ville où la sécurité rime avec respect, efficacité et solidarité.

