A 65 ans, la Ve République est mûre pour partir à la retraite !
Dans la nuit du 15 au 16 avril, presque en catimini, Emmanuel Macron promulgue sa loi sur les retraites, après plus de 3 mois de luttes populaires et intersyndicales contre ce projet injuste et inutile. Cerise sur le gâteau néolibéral, le Conseil Constitutionnel, censé assurer la conformité des lois à la constitution, accentue les effets dévastateurs de cette loi, en supprimant les 6 articles, dits « cavaliers sociaux », qui auraient pu satisfaire quelques rares catégories de salarié.es. Le rejet, par ce même Conseil Constitutionnel, de la proposition d’un référendum d’initiative partagée (RIP) ne fait qu’accentuer le doute, sur l’impartialité de ces neuf autorités qui n’ont de Sages que le nom.

Manifestation du 23 mars 2023
Cet empressement à promulguer cette loi fait suite au pas de charge législatif que nous avons connu depuis le 10 janvier avec l’accumulation des procédures accélérées : le 47.1 qui oblige le Parlement à examiner le texte au pas de charge, l’irrecevabilité contestable de nombreux amendements, le vote bloqué (44.3), la réduction du temps de débat des orateurs au Sénat, le 49.3 pour ne pas prendre le risque que les élus du peuple votent contre le projet.
Que dire d’une constitution qui autorise un seul homme à utiliser tous ses rouages pour bafouer les expressions des citoyen·nes ? Quelle est encore la légitimité d’une constitution qui ne reconnaît même plus les votes de son Parlement ? Elle devient de facto illégitime. L’exercice vertical du pouvoir « jupitérien », assumé avec arrogance voire dédain, s’exprime actuellement avec la promulgation de cette loi « retraites » mais s’inscrit dans une suite de décisions dangereuses où les syndicats ont été méprisés depuis plusieurs années (lois Travail en 2016 et 2017), où la répression policière s’est abattue contre les gilets jaunes ou contre les défenseurs de projets anti-écologiques comme ceux des méga-bassines.
Plus l’exécutif s’isole dans sa tour d’ivoire, plus l’espoir de bâtir une démocratie plus juste et plus solidaire s’éloigne à grands coups de matraques ou de diktats. Et que dire du pouvoir législatif puisqu’un simple article de la Constitution comme le 49.3 peut annihiler en quelques instants toute la représentation légitime de la population ? Un simple regard vers les taux d’abstention croissants, notamment lors des élections présidentielle ou législatives, démontre bien que les citoyen.nes sont lassé.es de ce mépris et de la confiscation de leur expression populaire.
C’est pourquoi la NUPES s’est engagée dans son programme à passer à la 6e République et en finir avec la monarchie présidentielle pour une République avec un régime parlementaire stable et une constitution adoptée par référendum.
Rappelons que le 4 octobre 2023, la Constitution de la Ve République aura 65 ans, un âge où l’ondevrait profiter de sa retraite depuis 5 ans !

